Fabien Boinet

Foi, Pastorat, Etcætera…

Postscriptum – Meak

Postscriptum – Meak

Temps de lecture : 5 minutes

Si vous ne connaissez pas Meak, c’est un artiste que je vous invite à découvrir sans plus tarder. Peut etre vous n’êtes pas fan du style musical, mais malgré cela je vous invite à écouter les mots et les rimes qu’il manie avec beaucoup de brio.

Vous pouvez avoir plus de détails sur son travail juste ici !

Je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur le dernier morceau de son dernier album, je trouve qu’il soulève quelques problématiques et plusieurs écueils que l’Église, et particulièrement le monde évangélique, doit confronter aujourd’hui.

Je vous laisse premièrement découvrir la musique et son texte:

« Seigneur Jésus c’est encore moi, cette fois j’appelle au secours
Nombreux sont les pièges, nombreux sont les très beaux discours
Autour de moi tout l’monde parle en même temps et m’offre ses conseils
Ils ont rempli mon dossier, les tiens ont fini en corbeille
J’éprouve de la honte, l’affront est assez gros
Nos proches agonisent et nous on leur injecte des dictons placebo
Ces mots consolent mais toi seul vaccines

Et parfois même dans nos églises on se contente de quelques douces maximes
Tu d’viens une option, une voie parmi tant d’voies
Les gens sont gênés quand ils voient qu’on parle encore d’la croix
On sait qu’il faut avoir la foi mais on n’sait plus en quoi
À croire qu’il ne faut plus croire en toi mais surtout croire en soi
C’est sur la comm et l’marketing qu’on s’est concentrés
Pour attirer la foule, prêt à tout, même à te décentrer
Et sans scrupule on tend à édulcorer l’essentiel
On n’met plus l’accent sur la grâce mais sur notre potentiel
On oublie qu’on est pourri d’l’intérieur

Pourquoi l’pasteur ne parle plus d’disciples mais parle que d’leaders
Pourquoi le thème de l’enfer est passé en bas d’liste
Et pourquoi sert-on le dimanche du p’tit lait positiviste
Tu vois j’ai honte, car ce n’est plus toi mais moi qui donnes le sens
Et j’parle comme si on trouvait l’salut dans la bien-pensance
Il faut des phrases de philosophes pour qu’on réponde Amen !

On fait l’éloge de la sagesse humaine
On sort des formules un peu passe-partout
On la joue lisse parce que ta parole froisse tout
Alors on dit “Du moment qu’il est heureux,
Du moment qu’il est en paix avec lui-même”
Mais ça n’règle pas l’problème
Toi t’es venu pour régler le problème de fond
Et mettre la lumière sur la misère de notre condition
Mais ça, ça gêne et ça fait mauvaise impression
Donc en jouant les ptits médecins on passe à côté d’la vraie guérison

J’ai entendu dire qu’une bonne carrière pleine de succès, c’est ça qu’on méritait
J’ai bien ri, car ils ont limité ton oeuvre à la prospérité
Alors que même la prison peut faire partie d’ton plan
Demande à Paul si lui voyait le confort et l’argent ?
Était-il maudit, banni, puni, repris ? Oh nan il était dans les grands projets que t’avais formés pour lui

On dessine nos chemins, on prie chaque semaine
Mais notre définition d’la réussite n’est peut-être pas la tienne
Regarde on culpabilise, maintenant la bénédiction
Est une devise qu’on mesure et qu’on comptabilise
Faut être des champions, des rois et des reines avec du style
Et si t’as pas tout ça c’est qu’t’es pas consacré disent-ils
J’connais des jeunes qui n’t’écoutent pas mais qui pourtant osent
Te demander “Père, fais-moi vivre de grandes choses”
L’ambition que j’lis maintenant sur toutes les lèvres
C’n’est plus d’être plus fidèle mais c’est d’entrer dans son rêve

Pardonne-nous, on carbure au miracle
Toujours plus de surnaturel, de mystique, de spectacle
Du sensationnel qui en met plein la vue
Est-ce que ton miracle de résurrection ne nous suffirait plus ?
On est dans l’déni on oublie c’qu’est dans nos gènes
On nous dit “Pense pas au péché, oublie ça, ça t’freine,
Faut pas t’limiter, vois grand et prends l’devant d’la scène” N’était-ce pas le discours du serpent dans le jardin d’’Eden ?
Mes larmes coulent, mal au coeur et bien mal à ma foi
J’me fonds dans l’moule pour éviter d’passer pour l’rabat-joie
C’est l’abattoir, si je m’oppose à leur éthique
Je dois prendre position mais j’ai peur de passer pour l’fanatique
Seigneur fais que j’recherche ce que ton coeur désire
Que j’me souvienne que si j’suis là c’est surtout pour servir
Fais qu’on obéisse et qu’on réapprenne à se soumettre
Et qu’on se souvienne à jamais que c’est toi le seul maître
 

Viens sur mes pages, mes lignes et quelques lettres Oindre les images que ma plume interprète
Tiens cet ouvrage qui vient du fond d’mon être
Que ton message atteigne leurs fenêtres Mon Dieu, viens…

Sans être alarmiste ou extrémiste, je crois que ce morceau met en lumière les pièges de notre mode moderne et des influences auxquelles les églises peuvent succomber.

Je ne veux pas détailler chacune des problématiques mentionnées, mais en voici malgré tout une petite liste:

  • Valorisation de la sagesse humaine au détriment de la sagesse de Dieu et de sa Parole. Ce qui entraine une tiédeur et un absence de pertinence pour le monde d’aujourd’hui.
  • Perte du focus sur l’Évangile et le salut par grâce au profit d’une propre justice, de nos efforts pour devenir meilleur.
  • Le focus est mis sur nous plutôt que sur Christ
  • Recherche du miraculeux a tout prix plutôt que de Dieu lui-même.
  • Dénigrement de ceux qui veulent rester attachés aux valeurs et aux vérités immuables de l’évangile.

Je crois qu’on peut résumer toutes ces problématiques en une phrase de ce texte: « Qu’on se souvienne à jamais que c’est toi le seul maître! » Quand Jésus n’a plus la première place, notre coeur et notre attention sont soumis à d’autres priorités: NOUS!

Nous avons besoin en tous temps et en toutes circonstances de laisser à Jésus la place qui lui revient. Celle que nous lui avons cédé le jour où nous avons compris que sans Lui, notre vie était vouée à l’échec et à la destruction. Nous avons besoin constamment de prendre notre croix et d’accepter de mourir à nous-même pour que Sa vie puisse abonder en nous.

Si Jésus n’a plus la première place alors nous pouvons avoir la forme extérieure, nous pouvons continuer a nous appeler « église », nous pouvons même continuer à prier, mais en réalité nous avons mis Jésus, la Parole vivante en dehors de nos vies et de nos priorités.

Jésus lui-même nous a prévenu de ces réalités:

« Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. »

 Nouvelle édition de Genève. (1979). (Re 3:15–20). Romanel-sur-Lausanne: Société Biblique de Genève.

Veillons à ne jamais le mettre dehors, et si nous avons endurci notre coeur alors veillons à le laisser entrer à nouveau, veillons à le laisser régner totalement sur nos vies.